PATRIMOINE COMMUNAL

cliquez sur le lien : http://tourismevescovato.com/

A MEMORIA - LIEU DE MEMOIRE

Vescovato, village au riche passé historique se devait d'avoir un lieu de mémoire.

C'est chose faite et ce, depuis 2005, grâce au travail opiniâtre de nombreux habitants de Vescovato et de Barthélemy Comparetti, Président de l'Association de l'Eglise San Martinu, de  Jean-Pierre. Giansily, ( Conseiller Municipal en 2005 et délégué au patrimoine), de Denis Stefani et Vincent Bacchini, qui ont imaginé, conçu, restauré les objets et enrichi ce musée, installé dans les anciennes écuries des curés doyens et vicaires de Vescovato.

La municipalité pour sa part, a entièrement rénové et mis aux normes cet espace dédié à l'histoire de la commune.

Tous les objets exposés dans ce lieu « Mémoria Opizo Pernice »- du nom de l'Evêque de Mariana qui fonda en 1269 le village de Vescovato – proviennent de dons de familles vescovataises.

C'est une invitation à remonter le temps qui vous est proposée à travers ces objets, parfois insolites, comme le marteau et le système de l'horloge (1889), l'écharpe du maire Carlu Felice Buttafocu, un banc d'école vieux de 200 ans, la calèche mortuaire de la Cumpania de Santa Croce qui accompagna de nombreux vescovataises et vescovatais à leur dernière demeure entre 1884 et 1966.

Vous découvrirez aussi beaucoup d'autres témoignages de la vie religieuse, politique et scolaire de Vescovato.

A « Memoria Opizo Pernice » installée dans le passage souterrain de la Loghja, sous l'église de San Martinu a reçu à ce jour, plus de 15 000 visiteurs. Contact : M. A-B Comparetti- Piazza Paolaccia – Vescovato

voir dans visite virtuelle.

Voir le reportage photographique

 

LE COUVENT CAPUCINI

Le premier couvent de Vescovato fut fondé en 1540 (date d'arrivée en Corse des Capucins) par le Père Antoine du Niolu. Placé sous la protection de sainte Catherine, les Capucins l'abandonnèrent à cause de son insalubrité.

En 1576, ils en construisirent un autre à Perelli avec l'approbation de Mr Anturione, Evêque de Mariana. Leurs annales rapportent qu'à cette occasion un châtaigner se couvrit de feuilles et de fleurs à la mi-décembre.

Consacré à notre Dame des Grâces, il se trouve au sud-est du village, et est constitué de 32 cellules.

Il était occupé en 1946 par 10 religieuses et possédait quelques terres dans la commune de Biguglia.

L'église, d'architecture médiocre, comptait trois chapelles, sans le maître autel et un beau tabernacle en bois sculpté …". (1)

U Cunventu di Capucini devait indirectement sa création au transfert du siège épiscopal de Vescovato à Bastia.

En raison d'une terrible disette le 04 mai 1582, le couvent Capucin "Santa Catalina" (ruines entre Venzolasca et Vescovato) fut abandonné par ses moines.

Furieux que ceux-ci aient rejoint leurs frères du couvent Notre Dame des Grâces de Vescovato, les habitants de Venzolasca allèrent piller ce dernier couvent. Des rixes graves s'ensuivirent entre ces communautés.

Les processions du vendredi saint contribuaient, entre autre, à demander réparation pour ses agressions mortelles. (2)

Ce couvent fut délaissé après la suppression des ordres religieux prononcée par la constituante en 1790 et n'a pas véritablement contribué à l'histoire de Vescovato.

On notera néanmoins l'épisode de la disparition de la cloche de l'église "empruntée" par les habitants de Loreto et de Venzolasca… et jamais retrouvée … entraînant alors excommunications et emprisonnements. (3)

Comme les aventures amoureuses de Mirabeau, jeune sous lieutenant, en garnison à Vescovato (1769) aux abords du couvent de Capucini avec deux sœurs dont l'une était carmélite d'un autre couvent …. proche de Capucini. (4)

Le couvent fut restauré et servi de logements à la gendarmerie … Les deux bâtiments furent ensuite vendus à des particuliers. (1)


Sources :
(1) Eglise sous l'Ancien Régime T.I.V. Chanoine Casanova (1939).
(2) Colloque Franciscain – Bonifacio (1982).
(3) Vescovato : village témoin de l'histoire Corse Antoine Filippi (1997).
(4) Aventures en Corse - Mirabeau librairie Marzocchi Corse Mirabeau.

L’association Notre Dame des Grâces :
Cette association œuvre pour la sauvegarde de l’église Santa Maria delle grazzie, attenante au couvent de Capucini.
Des travaux de « mise hors d’eau » de cet édifice religieux ont été exécutés.
Une souscription est ouverte au siège de l’association Notre Dame des Grâces, chez M. P. Orlanducci, village, 20215 Vescovato, où les dons sont reçus.

 

CHAPELLE ROMANE SAN MICHELE

NOTICE ARCHITECTURALE ET HISTORIQUE par Stéphane ORSINI – FAGEC – Juillet 2005

Occupant l'extrémité du plateau sommital d'une petite éminence (119 m. d'alt.) boisée dominant la plaine, la chapelle S. Michele - devenue propriété privée à la fin du XVIlle siècle avant d'être aménagée en tombeau familial- possède encore, malgré de légers remaniements tardifs, les principaux traits caractéristiques des édifices romans insulaires. Sa courte nef unique (9,90 m. de long sur 4,45 m. large) s'achève à l'est par la traditionnelle abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four (…).

La toiture, récente, est semblable à celle qui recouvrait à l'origine le bâtiment L'appareil des murs, réalisés à partir de blocs taillés dans du schiste gris et vert, présente une alternance de grandes dalles disposées en revêtement et de petites pierres plates et minces. Selon Mme Geneviève Moracchini-Mazel, il se pourrait qu'un tel appareil, offrant des chaînages en dalles plus régulières et plus grandes que ce que l'on peut voir dans l'architecture du Xe siècle mais aussi un grand nombre de petites pierres minces, puisse être attribué aux environs du XIe siècle. La façade orientale et les parois extérieures de l'abside sont en grande partie crépies. La fenêtre meurtrière absidale, surmontée d'une simple archivolte sans décor, est le seul élément visible remarquable de ce côté. Les murs latéraux sont percés chacun d'une fenêtre de même type. La façade occidentale présente une porte centrale - dont les élégants battants en bois encore en bon état mériteraient d'être conservés - surmontée d'un arc de décharge appareillé de plusieurs claveaux bien taillés dans du calcschiste. Le tympan a été retiré et remplacé par une petite grille en fer forgé.

Le fronton occidental est orné de l'habituelle croix ajourée qui, bien que murée, existe également sur le fronton de la façade orientale. Extérieurement, seuls un crépissage partiel, parfois grossier, et quelques ajouts décoratifs récents sont venus légèrement altérer l'aspect primitif de la chapelle. Les moulures en stuc ont été appliquées sur les maçonneries primitives lors de l'aménagement du tombeau. C'est aussi à cette époque que doit sans doute se rattacher le «pignon» de style baroque surmontant le fronton occidental. A l'exception du crépis, ces aménagements - qui finalement dénaturent peu la chapelle et s'accordent même avec le style roman (…).

D'un point de vue historique, comme pour la quasi- totalité des monuments romans de Corse, aucun document écrit ne permet de confirmer la datation proposée plus haut - obtenue à partir du seul examen de la muratura - pour la construction de la chapelle. Les mentions les plus anciennes sont relativement tardives et indirectes. Il s'agit des passages concernant la Casinca insérés par Ceccaldi et Filippini, historiens originaires de Vescovato, lors du remaniement de la chronique de Giovanni della Grossa. Les alinéas qu'ils rajoutent contiennent des renseignements dignes d'intérêt relatifs à la fondation du village où apparaît S. Michele. On y apprend que suite à la construction du château de Belflorito par l'évêque de Mariana Opizo Pernice «(...) tous les gens des petites localités voisines, lesquels formaient deux paroisses, l'une de S. Michel et l'autre de S. Mamiliano, église située sur une colline au midi, laissèrent leurs chétives maisons et descendirent habiter à Vescovato ». Avant le regroupement villageois, qui paraît intervenir vers la fin du XIIIe siècle - écrivant au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, les chroniqueurs indiquent par ailleurs qu' «il n'y a pas plus de trois cent ans que Vescovato est habité» - les populations constituaient donc deux communautés distinctes rassemblées autour des chapelles et des cimetières de San Michele et San Mamiliano. Dans ces mêmes passages, il est dit également que l'endroit où se trouve S. Michele s'appelait «Cortecato », lieu où s'était retiré une première fois l'évêque de Mariana après la destruction de la ville. Si ces maigres indications ne nous renseignent guère sur l'origine de S. Michele, elles laissent entrevoir en revanche quelques pistes de recherche intéressantes. Une étude toponymique et archéologique attentive des environs de la chapelle, en tenant compte de la proximité des nombreux hagionymes, révélerait peut-être l'emplacement de cet habitat antérieur à la fondation de Vescovato qui pourrait remonter à la période antique, voir même préhistorique.

Plus tard, vers 1468 (?), la chapelle est rapidement citée, toujours dans la chronique, à l'occasion d'affrontements opposant les habitants de Vescovato, fidèles à l'éphémère pouvoir du Duc de Milan, aux « vicaires du peuple ». Ces derniers décident d'attaquer Vescovato et s'établissent près de l'église S. Michele. Ils y restent plusieurs jours et font des dégâts importants en enlevant les bestiaux sur la plage et en coupant les vignes du voisinage.

En 1560, les Turcs attaquent Vescovato et assiègent le village sans succès. La tradition orale rapporte que les Turcs qui périrent lors des combats furent enterrés autour de S. Michele.

A l'époque où Sampieru Corsu se trouvait avec ses milices corses à Penta, en août 1564, Stefano d'Oria, général des troupes génoises en Corse, envoyait souvent une compagnie d'infanterie à S. Michele «lieu élevé et naturellement facile à défendre» pour protéger un passage difficile par lequel transitaient les vivres destinées au détachement génois basé au village.

Filippini, dans la conclusion de sa chronique de la Corse, raconte que Mgr Mascardi en visite à Vescovato trouvant que les cimetières, à cause de leur éloignement, étaient mal tenus et étaient devenus des bois et des endroits de pacage pour le bétail, ordonna que l'on en fit un autre à San Cosimo et que l'on abandonnât ceux de San Michele et San Mamiliano. Le nouveau cimetière fut commencé le 7 juin 1593, et l'on abandonna les autres qui avaient plus de deux cents ans d'existence ».

En 1646, un autre ecclésiastique, Mgr Marliani, visitant Vescovato dit au sujet de cette chapelle « (...) in questo ambito v' è la chiesa di San Michele Arcangelo, qual'era antico titolo della parrochia, che fu trasportata a San Martino per maggiore commodità deI popolo ; al presente è corne oratorio campestre ; corne anche l'oratorio di San Biaggio e quello di San Cosimo e San Damiano »,.

Au siècle suivant, on s'y rendait encore en procession, une fois par an, le 8 mai: «il giorno dell' apparizione di San Michaele Arcangiolo scender processionalmente alla chiesa titolata San Michaele, e parrocchia antica di questa terra ».

Sur les rouleaux du cadastre dressé par les géomètres du Plan Terrier à partir de 1771, la chapelle est indiquée comme étant l'ermitage de Saint Michel. Peut-être qu'un ermite desservait alors, une fois l'an pour la fête patronale, l'ancienne paroisse médiévale?

A la fin du XVIIIe siècle, avec la vente des biens nationaux, la chapelle devient la propriété de la famille Buttafoco. Le monument est alors transformé en tombeau. Le neveu du maréchal Sebastiani, Hyacinthe Sebastiani, y fait déposer les dépouilles de ses parents. L'évêque de Corse, Mgr Casanelli d'Istria y autorise à nouveau la messe le 21 juin 1854. Le 4 octobre 1876, Mgr Gaffori, cousin de la famille Buttafoco, y place un chemin de croix. Au début du XXe siècle, la population se rendait encore une fois l'an en procession à San Michele.

Reportage Photographique.

 

OPERATION DE SAUVEGARDE DE LA CHAPELLE DE SAN MICHELE

Le Conseil Municipal de Vescovato le 03/09/2004 s'est engagé dans une opération de sauvegarde de la chapelle de San Michele.
Pour ce faire, l'Association de « la Chapelle de San Michele-Tombeau Sebastiani », présidée par Mr Michel De Menou, a été créée le 09 juillet 2005 et regroupe des descendants de la famille Sébastiani, la Fagec et des particuliers intéressés par ce projet.

Une procédure de cession dans le patrimoine communal de cet édifice religieux a été menée à bien en novembre 2007.

Les premiers travaux ont consisté dans la réfection totale de la toiture et d'un traitement partiel des façades de l'édifice.

L'esplanade extérieure fera l'objet d'un aménagement, avec mise en valeur de cette chapelle (2012-2014).

Cette opération sera menée en concertation avec l'association, et sous la conduite scientifique de la Fagec et du service du patrimoine de la Collectivité Territoriale de Corse.

Reportage photographique.

 

EGLISE SAN MARTINU

 

San-Martinu : quelques dates de son existence ... San Martinu... qualchi segni di a to vita

1380 Anno Domini MCCCLXXX Amen orate

Un siècle environ après la fondation du village «Bel Fiorito» (devenu par la suite Vescovato) c'est l'évêque de Mariana, Francesco de Marianda qui construisit la première église du village. Il est probable que l'évêque, plutôt que de construire neuf, ait procédé à l'agrandissement de la chapelle romane (1) dont l'existence en ce lieu depuis 1050 n'est pas à exclure (voir n° 18 du plan).


1436 L'évêque Michele de Gerrnanis fait entreprendre les travaux modificatifs et ornementatifs de l'église. Le tabernacle du maître-autel fut orné de marbres sculptés (n° 12).


1440 Le siège officiel épiscopal de Mariana est transféré à Vescovato, après accord du Pape Eugène IV.


1570 Le Pape Pie V autorise l'évêque Gio Battista Centurione à transférer le siège épiscopal de Vescovato vers Bastia.


1575 L'église San Martinu di Viscuvatu est citée en exemple pour la qualité de ses offices. Aussi deux des membres du clergé du village de Vescovato sont désignés pour officier épisodiquement à la cathédrale de Sainte Marie de Bastia.


1646
l'Eglise est à nouveau en chantier d'agrandissement et de restauration. Monseigneur Marliani atteste : «… e fatta in volta, ha quattro cappelle et l'altare grande dedicato a San Martino... ».


1784 Un décret manuscrit pris le 14 septembre par l'évêque de Mariana Peineau du Verdier dispose... «La communauté de Vescovato a besoin d'une nouvelle église paroissiale plus grande et située dans un lieu plus accessible et plus commode... ».Ces bonnes intentions ne furent jamais suivies d'effet (voir plans derrière le maître-autel de l'église)


1879 Parachèvement de tous les travaux de réparation et d'agrandissement de l'église, entrepris semble-t-il depuis 1865, date de la première intention du ministre du culte et de la justice d'accorder pour ce faire un crédit de 9 000 francs.


1896 Le 5 juillet, le conseil de Fabrique décide l'acquisition de la statue de San Martinu patron de la paroisse. Foudroyée en 1926, cette statue fut remplacée en 1927 (n° 19).


1928 Le clocher actuel remplace l'ancien clocheton similaire à celui qui porte actuellement l'horloge communale (n° 14) et (n° 17).


(1)
D' après Geneviève Moracchini MAZEL, archéologue.
Document établi par :
- A. B.COMPARETTI, Président Association Eglise San Martinu et P. ORLANDUCCI.

 

UNE AUTRE VISION DE SAN MARTINU

 

Reportage photographique de Mr Jean François BRUMPT – octobre 2013.© F BRUMPT – Tous droits réservés – clichés ne pouvant être utilisés (Art L.335-2 et suivants code propriété intellectuelle).

 

le reportage est inclus dans la rubrique "DIAPORAMA"